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Instruments | MÉDECINE / Auzoux [Portrait du Dr Louis Thomas Jérôme AUZOUX]
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(Réf. 75436)
12 000 TTC
[Portrait du Dr Louis Thomas Jérôme AUZOUX]
Signé et daté, en bas, à gauche : "Millois, 1840", hors cadre : 65 x 81 cm ; sous cadre : 98,5 x 82,5 cm, huile sur toile, encadrement doré en bois et stuc de l'époque.
Portrait inédit et précieux du célèbre docteur Auzoux (1797-1880) réalisé en 1840. Il s'agit d'un portrait en buste réalisé sur un fond neutre dans les tons gris, brun. L'homme, alors âgé de 43 ans se tient debout, légèrement tourné, il tient dans sa main droite levée un coeur artificiel et dans sa main gauche un long stylet en métal. Le docteur est vêtu d'un costume noir, à la mode de l'époque, sobre et élégant, avec une cravate noire nouée sur son col blanc relevé. La coiffure correspond également à son temps avec des mèches ramenées sur le devant. Les sourcils sont arqués, le nez est fort, les lèvres sont charnues, une fossette est présente sur son menton, le regard est direct et posé sur le spectateur. L'homme semble méticuleux et sérieux, il tient son instrument pointé sur son sujet et sa spécialité : un modèle anatomique artificiel. En 1840, le docteur Auzoux devient maire de son village natal Saint Aubin d'Écrosville où il a établi depuis 1828 son usine de fabrication de modèles anatomiques. Il connaît depuis lors un succès croissant dans la fabrication et la commercialisation de ses pièces anatomiques. En 1833, il ouvre son premier magasin à Paris, en 1834 il reçut la grande médaille d'or de l'exposition des produits d'industrie. Ce portrait d'Auzoux a donc été réalisé en pleine consécration locale du docteur et au firmament de sa longue carrière. Pour le moment, nous ne disposons que de très minces renseignements sur l'auteur du tableau, un peintre du Mans nommé Millois, auteur de plusieurs portraits* réalisés à la fin des années 1830. L'instrument que tient le docteur Auzoux sur ce tableau est un stylet métallique à deux embouts qu'il nomme : "spatule". L'instrument, utile au démontage des pièces anatomiques, est présenté par Auzoux dans un catalogue de vente (en tête de la deuxième édition des Leçons élémentaires d'anatomie et de physiologie humaine comparée, Paris, Labé & J. Dumaine, 1858). La spatule est représentée au frontispice et à la p. 38, où l'on peut voir l'instrument utilisé pour le démontage d'un mannequin : "pour opérer le déplacement de chacune de ces pièces, il suffit de glisser la spatule sous le numéro d'ordre, d'attirer l'organe à soi pour dégager la pointe courbe, et de le porter de bas en haut ou de haut en bas pour dégager la pointe droite." Dans ce même ouvrage il est indiqué également que cet accessoire accompagnait les mannequins Auzoux livrés dans une caisse : "Au prix fixé par le catalogue on doit ajouter, pour l'emballage, caisse, spatule et support". Très tôt le docteur Auzoux fabriqua des modèles de coeurs artificiels, tout d'abord intégrés à ces écorchés dont le premier modèle est réalisé en 1825. Il proposa ensuite à la vente des modèles individuels de coeur, en voici la description dans son catalogue de vente de 1858 : "Coeur d'adulte, se divisant en deux moitiés, montrant la disposition des cavités, des fibres musculaire, les vaisseaux, les nerfs, les valvules, les orifices des vaisseaux". Ce modèle est alors vendu 50 francs. Si les dissections et leçons d'anatomie constituent un motif iconographique courant en histoire de l'art, les représentations picturales anatomiques du coeur sont plus beaucoup plus rares, en particulier au XIXe siècle. Le motif du coeur artificiel est quant à lui tout à fait exceptionnel en peinture : nous pouvons citer un exemple, le célèbre tableau du musée Boerhaave de Leyde, où les médecins C. Boekelman et Jan Six, chefs de la corporation des chirurgiens en 1699, sont représentés avec le coeur injecté d'un cadavre (tableau reproduit dans Alain Bouchet, L'esprit des leçons d'anatomie, 2008, p. 197). Nous connaissons à ce jour un seul portrait peint du docteur Auzoux qui se trouve conservé au musée de l'Écorché d'anatomie du Dr Auzoux à Neubourg (Eure) : sur ce portrait, assez peu ressemblant au nôtre, le docteur Auzoux en costume tient la même spatule qu'il applique sur une pièce anatomique difficile à identifier. Il existe également plusieurs portraits sculptés du docteur dont un buste élevé en 1890 sur la place de St Aubin d'Écrosville**et enfin une estampe*** réalisée d'après un portrait photographique, l'épreuve est signée Lafosse et elle est datée de 1868 : le docteur debout, en costume et cravate, tient une pièce d'anatomie artificielle (modèle du cerveau) posée sur un socle, la spatule n'est plus présente. Tableau en bel état, restauré. *Le nom du peintre Millois apparaît dans deux documents : dans une notice publiée en 1838 qui concerne une exposition de peinture organisée par La Société industrielle d'Angers, deux portraits du "peintre du Mans" sont annoncés sous les numéros 27 et 28, p. 19 et lors d'une récente vente, organisée à Angers par les commissaires Chauviré et Courant, les 29 et 30 mai 2018, sous le n° 530 est annoncé le portrait d'une "Jeune fille en bleu", huile sur toile peinte par Millois, signée en bas à gauche, datée de 1836. **Ce buste comporte un piédestal avec un bas-relief en bronze où l'on peut voir le docteur Auzoux debout à côté d'un écorché donnant des explications anatomiques à des ouvriers en blouse, voir Inauguration du buste du docteur Auzoux, compte-rendu, Évreux, juin 1890 (publication présente sur notre catalogue #voir Réf. 62044). ***"Photog. Pierson, imp. Lemercier", Paris, Coll. de la Bibliothèque nationale de France, département estampes et photographie et Musée Flaubert & d'Histoire de la Médecine à Rouen.
Librairie Alain Brieux - 48, rue Jacob - 75006 Paris - Tél.: 01 42 60 21 98 - Graphisme: Maud - Réalisation: STUDIO DE LÀ ®