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Instruments | SCIENCES / Histoire Naturelle ROSLIN Alexander (attribué à) - PORTRAIT DE LOUIS-JEAN-MARIE DAUBENTON
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(Réf. 69461)
18 000 TTC
ROSLIN Alexander (attribué à) - PORTRAIT DE LOUIS-JEAN-MARIE DAUBENTON
(France) non signé, (c. 1791), tableau : 44 x 35,5 cm ; cadre : 46,8 x 65,5 cm, huile sur toile, encadrement doré en bois et stuc de l'époque.
Beau et rare portrait du naturaliste français Louis-Jean-Marie Daubenton (1716-1800) attribué au peintre de cour suédois Alexandre (Alexander) Roslin (1718-1793). Il s'agit sans doute de l'esquisse préparatoire du tableau conservé au musée des Beaux-arts d'Orléans, signé et daté de 1791, exposé la même année au Salon ; sur ce dernier, le savant est représenté "sans concession aucune" (X. Salmon) à mi-corps, de trois-quart, accoudé à sa table de travail, sur laquelle repose un microscope de type John Cuff. Il porte une veste de velours cramoisi par dessus une chemise à col de dentelle blanche. Sur notre tableau, il est représenté en buste, sur le même fond neutre, sans le microscope. Quelques différences notables dans la physionomie du sujet sont à relever : les yeux semblent moins écartés que sur le portrait d'Orléans, la bouche est plus charnue, le sourire moins réservé ; le visage a l'air plus doux, mais ne manque pas d'aplomb. Daubenton fixe le spectateur avec plus d'assurance que dans la version définitive de l'oeuvre. C'est le portrait d'un homme de 77 ans, qui a derrière lui une carrière imposante et qui se trouve, à la date du tableau, au sommet de sa gloire : il a la reconnaissance de ses pairs et vient d'être nommé président du Cabinet et Jardin du Roi, futur Muséum. Natif de Montbard en Normandie, compatriote et ami de Buffon, Daubenton avait été appelé à Paris par ce dernier afin de devenir garde et démonstrateur de la collection d'histoire naturelle du Jardin du Roi ; il se fit connaître auprès de l'Académie des sciences pour un mémoire sur la classification des poissons. Successivement nommé associé botaniste, associé anatomiste, pensionnaire anatomiste puis membre résident de la section anatomie et zoologie de la Première Classe de l'Institut, il enseigna au Jardin du Roi, à la chaire d'histoire naturelle du Collège royal et à l'École vétérinaire d'Alfort. Il participa à l'aventure de l'Encyclopédie et fut professeur aux Écoles normales de l'an III. À la suite de la réorganisation du Jardin du roi, il est nommé, en 1793, premier directeur du Muséum d'histoire naturelle. En 1799, il est désigné au Sénat Conservateur et meurt peu de temps après, le 1er janvier 1800. Il est enterré dans le Jardin des plantes. Rare portrait, inédit, de bonne facture et d'une belle finesse d'exécution : le rendu des carnations est remarquable, tandis que le vêtement a été esquissé en larges coups de pinceau. Roslin n'a pas signé le tableau, mais la qualité de la peinture, la parenté avec le portrait d'Orléans et le traitement du fond dans un dégradé de camaïeu brun-vert, nous permettent d'y reconnaître une oeuvre tardive de ce maître, très prisé en son temps et injustement oublié. Originaire de Malmö en Suède, Roslin exerça à Paris à partir de 1752. Grâce au soutien du peintre Joseph-Marie Vien, qu'il avait rencontré lors de son séjour à Rome en 1750, il intégra rapidement les cercles artistiques français : soutenu notamment par le comte de Caylus, il fut agréé à l'Académie royale de peinture et de sculpture le 28 juillet 1753 et reçu membre le 24 novembre. En 1759, il épousa la pastelliste Marie-Suzanne Giroust, élève de Maurice Quentin de La Tour. En dépit de l'opinion presque constamment défavorable de Diderot, qui reconnait néanmoins en Roslin un "assez bon portraitiste" (Salon de 1767), l'artiste devint l'un des peintres les plus prisés de l'aristocratie, puis de la famille royale. On louait son habileté, la véracité de ses coloris, l'impression d'âme dans la physionomie de ses personnages, le fini des détails, l'heureux agencement des draperies et le rendu des étoffes. Il exposa pour la toute dernière fois de sa carrière au Salon de 1791, au cours duquel il présenta, entre autres, le portrait de Daubenton : ses derniers travaux se caractérisent par une manière nouvelle, "frappante de simplicité, non dépourvue d'une grande finesse psychologique, avec une attirance pour l'effet monochrome des couleurs" (X. Salmon). Lorsque ce portraitiste d'exception s'éteignit le 5 juillet 1793, il était l'un des peintres les plus fortunés de son temps. Élégant cadre en bois doré de l'époque à décor floral en stuc (tulipes) et bordé d'une frise de perles (quelques accidents et 3 perles manquantes). Pour le portrait du musée de Beaux-Arts d'Orléans, voir : Magnus Olausson et Xavier Salmon, Alexandre Roslin, un portraitiste pour l'Europe, Château de Versailles, 2008, n° 33. Chery, Explication et critique impartiale de toutes les peintures, Sculptures, Gravures, Dessins, &. exposés au Louvre... Paris, 1791, n° 718. La béquille de Voltaire au Salon, seconde et dernière promenade Paris, Bignon, 1791, n° 718.
Librairie Alain Brieux - 48, rue Jacob - 75006 Paris - Tél.: 01 42 60 21 98 - Graphisme: Maud - Réalisation: STUDIO DE LÀ ®